Réhabilitation complète maxillaire par implants avec mise en charge immédiate
Réhabilitation maxillaire chez un patient de 60 ans.

Pour les patients présentant un délabrement dentaire important et désireux d’une solution rapide sans passer par l’étape de la prothèse amovible complète provisoire (dentier) Les techniques modernes d’acquisition des données biométriques permettent aujourd’hui de visualiser le projet et de réaliser en une seule séance l’extraction des dents restantes, la pose des implants dentaires et la mise en place du bridge provisoire sur ces mêmes implants.
Le recueil des données
Première consultation
L’anamnèse, l’examen clinique et l’étude des examens complémentaires lors de la première consultation vont permettre de déterminer la faisabilité du projet. L’état général du patient et la présence suffisante d’os seront déterminants quant à la solution proposée.


M. C., 62 ans, se présente en consultation. Il n’ose plus sourire et souhaite une solution fixe pour remplacer ses dents.
L’examen endobuccal montre un édentement multiple. L’étude du panoramique dentaire révèle l’absence de foyer infectieux, un volume osseux satisfaisant au maxillaire antérieur, mais aussi de volumineux sinus dans les secteurs latéraux.
Les dents mandibulaires seront réhabilitées de manière conventionnelle avec des bridges dentoportés. Un bridge maxillaire antérieur provisoire sera réalisé sur les dents naturelles du patient en attendant la chirurgie.


La numérisation
Un CBCT, ou imagerie 3D, va être réalisé afin d’apprécier les volumes osseux, ainsi qu’une empreinte numérique.


2. La phase de conception
La superposition des fichiers numériques avec les photos du visage permet d’établir le projet prothétique et de le faire valider par le patient.


Proposition
Il sera proposé au patient la mise en place de quatre implants dans le secteur maxillaire antérieur. Les dents postérieures seront préservées dans l’attente de la consolidation des implants, avant leur remplacement et la réalisation d’un bridge maxillaire sur six implants.
La mise en place de six implants simultanés n’a pas été possible à cause du volume important des sinus, qu’il aurait fallu préalablement combler. Cette solution n’a pas été retenue par le patient.
Réalisation des guides de chirurgie
Il existe plusieurs types de guides de chirurgie. Dans le cadre d’une réhabilitation complète, un guide à étage sera réalisé. Un guide base sera fixé au maxillaire par des clavettes. Il possède des ergots aimantés sur lesquels vient se placer un guide de positionnement à appuis dentaires.

Une fois les clavettes placées, les dents peuvent être extraites et une ostéotomie réalisée comme cela a été planifié au préalable. Les implants sont ensuite placés à l’aide du guide implantaire, puis le bridge est solidarisé aux implants dans la bonne position grâce au guide base.






3. La phase chirurgicale
La chirurgie a été réalisée sous anesthésie locale. Elle aurait pu être réalisée sous anesthésie générale pour un maximum de confort.
Le guide base a été placé au contact osseux après décollement de la gencive en vestibulaire, puis stabilisé grâce aux clavettes dans la position prédéfinie à l’aide du guide de positionnement.


Les dents sont extraites, puis une ostéotomie est réalisée afin de régulariser la ligne du sourire. Enfin, le guide implantaire aide au bon positionnement des implants.
Les piliers provisoires sont mis en place sur les implants et font le lien avec le bridge provisoire.


Le bridge provisoire est désolidarisé du guide base en coupant les pattes qui le retiennent à celui-ci, puis la gencive est suturée de nouveau.



Situation à un mois
Conclusion
La numérisation des empreintes ainsi que l’acquisition d’images radiographiques 3D permettent la prédiction de traitements complexes et leur planification. La mise en charge immédiate du bridge provisoire n’a pas seulement un but esthétique : elle favorise l’aménagement tissulaire pour le bridge définitif qui interviendra dans les mois à venir.
Ces chirurgies sont généralement réalisées sous anesthésie locale, mais pourraient très bien être réalisées sous anesthésie générale compte tenu du temps opératoire relativement long.
Les suites post-opératoires sont les mêmes que lors d’une extraction totale. La gestion de la douleur est assurée par un traitement antalgique et une alimentation adaptée le mois suivant l’intervention.